Deux facettes

Vers 5 heure du matin on a été réveillés par un tremblement de terre. Au 9ème étage de l’hôtel on aurait eu l’impression d’être en bateau, ça chavirait fortement et lentement, et c’était très silencieux. La magnitude était de 6,2.

On avait prévu de visiter le fish market de Tokyo, mais étant un jour férié le marché est fermé. Juste à côté se trouve le jardin de Hama-rikyu, heureusement ouvert. À l’entrée on nous confie un audio-guide pour découvrir ce jardin historique. Ses 25 hectares était à l’origine le jardin familial des shogouns Tokugawa et une annexe du château Edo (à l’origine placé où se trouve le palais impérial). À l’entrée du jardin s’étale un pin de 300 ans. L’occasion d’apprendre que les japonais coupe les chandelles manuellement de leurs pins tous les ans à cette période pour favoriser la pousse des bourgeons et la ramification. La grande mare salée est reliée à la baie de Tokyo et un barrage permet de régler le niveau d’eau en fonction des marrées.  En son centre et reliée par de superbes ponts en cèdres, le pavillon de thé – appelé Nakajima-no-ochaya – offre une belle vue sur le jardin.  On en profite pour s’offrir un thé dans la tradition japonaise. Assis sur un tapis rouge sur le tatamis, on nous amène un petit plateau avec thé vert et confiserie japonaise. Il faut manger la confiserie d’abord pour sublimer le gout du thé. Il faut la mettre sur le petit papier et la couper avec le baronnet de bois. Il faut ensuite prendre le bol avec la main droite, le mettre sur la paume gauche, éviter le devant du bol en tournant deux fois dans le sens des aiguilles d’une montre puis boire tout le contenu en 3/4 fois. Ensuite, il faut essuyer avec son pouce et son index droits l’endroit où l’on a posé ses lèvres, retourner le bol dans l’autre sens pour remettre l’avant en face de nous et reposer le bol. Voilà.

Changement d’ambiance en allant à Omotesando, les champs-Elysées de Tokyo si on peut dire. Toutes les grandes marques sont là. Il y a aussi des restaurants et cafés occidentaux. Vu que les japonais adore la culture occidentale, ils n’ont pas peur de faire la queue. Que ce soit pour du chocolat chez Max Brenner, des pop corns ou du bacon et des oeufs ils attendent patiemment dans une grande file d’attente pouvant faire le tour d’un paté de maisons.

Non loin on visite Takeshita dori, une ruelle très funky et blindée de monde. Les gens crient devant leur magasin pour attirer le client. Nous on passe et on trépasse presque avec tout ce monde. Il est temps d’aller manger et on tente un restaurant où rien n’est traduit sur la devanture, de quoi stresser en faisant la queue. Par chance on est tombés sur de très  bons dumplings, le tout en étant assis au bar encerclant les cuisiniers, une bonne surprise.

On file un peu plus au calme du côté de Meiji jingu. Ce sanctuaire shintoïste a été construit à la gloire de l’empereur Meiji et de sa femme après leur mort (respectivement 1912 et 1914). L’empereur Meiji a sorti le Japon de son isolationnisme instauré précédemment par les Tokugawa, il tourne le pays vers l’occident, l’industrialise et le fait basculer vers la modernité. L’ère Meiji symbolise le tournant décisif qui fait que le Japon est aujourd’hui une des premières puissances mondiales.
Dans ce grand jardin sanctuaire se trouve le jardin intérieur dessiné par l’empereur Meiji lui-même pour sa femme. Il comprend notamment un mare et un champ de 1500 iris (non fleuries quand nous y sommes).
Le temple lui-même forme une belle enceinte et en ce jour férié on est très chanceux puisque les mariages traditionnels s’enchainent. On ne voit pas la cérémonie mais on voit défiler les mariés suivis de leurs invités (famille proche uniquement). Les mariages shintô doivent se dérouler dans des temples shintô, le couple doit être marié civilement avant. La courte cérémonie est célébrée par un prêtre assisté de miko (ses femmes en rouge et blancs dévoués au travail dans les temples shintôs).

En fin d’après-midi, on prend le train pour Kichijoji pour voir Aurélien, sa femme Marie et leur petit Hugo. Aurélien et un ami ayant quitté la France pour Tokyo il a plusieurs années. 7 ans qu’on ne s’était pas revus. Leur quartier est très animé et prisé comme Shibuya selon lui. On a de la chance de papoter avec quelqu’un du coin, c’est notamment lui qui nous a permis de comprendre ce qu’était les pachinkos. Après un bon repas où on en apprend aussi sur les noodles et les aliments frits, on va boire un verre dans un bar à l’occidental. Le choc, la cigarette est autorisée à l’intérieur dans un côté réservé (au restaurant aussi). Par contre sur les trottoirs c’est interdit, il y a des petits coins dédiés. Les paradoxes du Japon!

1 comment  •  Leave a reply

  • Claude  •  

    June 22, 2014

    Super vos commentaires, un véritable petit guide où l’on apprend pas mal de choses.
    Un peu chargé le lèche-vitrine à la japonaise !
    Où l’on voit que le thé vert est bien vert au Japon.
    Bon courage pour la suite de cette aventure nippone.

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