Entre Takayama et Matsumoto, la vie dans les alpes autrefois

On quitte l’auberge avant 8h pour aller au marché le long de la rivière, mais il n’y a que peu d’étales. On s’arrête donc dans un café pour prendre notre petit déjeuner.  Ce vieux café ouvert en 1951 a visiblement la même décoration qu’à cette époque, et même le café doit dater de là, mais on passe un bon moment!

Il est temps de prendre le bus pour Hida No Sato. Le village folklorique de Hida, ouvert en 1971, regroupe une trentaine de maisons traditionnelles rapportées des alentours et préservées. Ces maisons, beaucoup ont un toit de chaume, sont typiques de cette région alpine et généralement de fin 18e, début 19e. Elles sont rares, car peu ont survécu les tremblement de terre et la construction d’un barrage dans la région. On découvre les fermes d’époque, certaines avec l’étable à l’entrée et seules les chambres sont surélevées, leur toit est en tuiles de bois et il y a peu de fenêtres. D’autres sont de style gassho (qui signifie joindre ses deux mains), leur toit en chaume est très pentu pour éviter l’accumulation de la neige, et il y a trois ou quatre étages. Les fermiers devaient trouver une source de revenus durant les longs hivers, certains vendaient la manure, fabriquaient du papier ou des chaussures en paille, d’autres cultivaient les vers à soie dans l’étage supérieur de leur maison gassho.
Suivez ce lien intéressant pour des infos sur les maisons typiques: http://tour.j-hoppers.com/gassho-zukuri/

Après un dernier tour dans Takayama et une autre dégustation de boeuf sur miso, on prend le bus pour se rendre à Matsumoto. Il y a 100km entre les deux villes, 2h20 de route, et nous sommes seuls avec les deux conducteurs! La route de montagne grimpe jusqu’à 1300 mètres d’altitude, on fait à ce moment là une pause pipi et il fait froid! 6 degrés seulement en plein après-midi de Mai. Le paysage est hivernal, les arbres commencent à peine à bourgeonner et on aperçoit des névés un peu partout. Il y a des passages très hostiles sur cette route, taillés dans des pentes raides et slalomants entre les glissements de terrain. On avait jamais passé autant de tunnels, et tous étaient bien trop étroits et c’est le moins qu’on puisse dire, peu sûrs.

On arrive entier dans la grande vallée de Matsumoto. C’est la fin d’après-midi et on se balade dans les petites rues authentiques et superbement entretenues de la ville. La rue Nakamachi est remarquable, les anciennes kura (entrepôts) aux murs blancs et noirs, est typique de l’ambiance des villes fortifiées. Cette technique de construction de mur très épais en béton, appelée namako kabe, fut mise au point pour éviter la propagation des incendies.

Il est l’heure de notre arrêt noodles pour le diner. On atterri dans un micro restaurant dans une maison, c’est en fait la salle à manger! La Tv est même allumée. On s’assoit à ce petit bar en bois devant la cuisine et on commande. Le propriétaire ne parle pas un mot d’anglais (non vraiment, pas un seul), mais contre toute attente, il a un menu en anglais. Il y a un vieil homme saoulé au saké de chaque côté de nous. Ils nous regardent tous les trois comme si nous étions des aliens. Le propriétaire appelle même sa famille pour parler de nous (il dit “France” et se met à rigoler). La soirée devient très drôle quand on essaie tant bien que mal de faire comprendre que l’on veut du saké, mais que quand ils comprennent enfin ils nous montrent la poubelle avec toutes les bouteilles vides… ils ont déjà tout bu! Heureusement il reste de l’alcool de patate, appelé shochu, que notre voisin de droite nous paie joyeusement. Ce fut vraiment un drôle et unique repas, on était probablement les premiers touristes à manger chez lui.

2 comments  •  Leave a reply

  • Nicolas  •  http://www.weareelsewhere.com

    August 3, 2014

    Ces maisons là ne sont pas habitées, ils les ont récupéré des alentours pour les préserver dans ce musée grandeur nature. Il en existe encore quelques unes habitées dans les Alpes, mais c’est apparemment très rare, d’où l’importance de ce musée.

  • Claude  •  

    July 21, 2014

    Sympa ce passage dans les alpes nippones.
    Les bâtisses traditionnelles sont habitées ou est-ce un musée?
    On connait le menu du jour grâce au poisson pendu et on apprend que les baguettes ont des longueurs appropriées aux mains de leurs “propriétaires”.

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